- Peux-tu nous parler de la genèse de ce projet qui semble avoir été créé sur un coup de tête?

«À la base, le projet s'appelait L'insoutenable légèreté de paraître. Je voulais aborder le thème de l'apparence, ce que l'on projette par rapport à ce que l'on est vraiment, et aussi ceux de l'amitié et de l'amour perdu. J'avais envie de réaliser une expérience cinématographique en un seul plan-séquence improvisé d'une heure trente, en me disant, il arrivera bien ce qui arrivera ! J'ai finalement rencontré Jay Tremblay, un jeune réalisateur très audacieux qui s'est révélé la personne idéale pour embarquer avec moi dans ce projet un peu fou. Le tournage a donc eu lieu à Pâques, au printemps dernier.»

- L'amitié, l'amour perdu, tu t'es souvent tourmenté pour ces deux éléments de la vie?

«Bien sûr ! C'est le fondement même de l'être humain. On est là pour 80-90 ans et ce qu'on va en retirer en fin de compte ce sont les choses qu'on a créées et les gens avec lesquels on a eu des rapprochements. Les amis, les amours, c'est ce qui forme un être humain à mon avis. Il me reste peut-être moins que la moitié de ma vie devant moi et la seule chose que je veux faire maintenant, c'est de parler des affaires importantes. Sur le plan des émotions, bien sûr, mais je m'ouvre aussi de plus en plus la gueule sur les sujets qui me font sauter une coche. Par exemple, je trouve effrayant tout le bashing qui se fait autour des étudiants en ce moment!»

- Dans la bande-annonce, on met l'emphase sur le concept technique du film. Mais au final, ce qui compte, c'est l'histoire et les émotions non?

«C'est parce que le but premier du film était vraiment de réaliser une expérience cinématographique, de relever un défi technique. Mais on est très franc dans tout ça, on sait que ce n'est pas un film parfait, l'image n'est pas toujours fluide et le son est pris à partir de la caméra ! C'était donc important que les gens sachent qu'il ne s'agit pas d'un film scripté, léché et surproduit dans les moindres détails, bien au contraire. Ce n'est pas Shindler's List, c'est complètement improvisé !» 

- Tu dis que c'est un film ludique, lyrique et lubrique, peux-tu détailler chacun de ces adjectifs?

«Ludique parce qu'on a beaucoup de plaisir à jouer ensemble Marie-Chantal Perron et moi. On est amis depuis notre sortie de l'école il y a 22 ans. On a fait des partys mémorables à une certaine époque! Mettons qu'on ne se prend pas trop au sérieux là-dedans... C'est aussi lyrique à cause de la présence de la musique classique qui vient faire un contrepoint avec le quotidien urbain, simple, de deux amis qui marchent sur la rue. Et c'est lubrique par les confidences qu'on y fait sur notre passé mutuel, à l'époque où l'on avait la cuisse plus légère... ha ha !»

- Pour les besoins de ta maison de production Aviva, tu partages ta vie entre Los Angeles et Montréal? Comment arrives-tu à gérer en parallèle ta carrière d'acteur et de producteur sur les territoires québécois et américain?

«Je suis à Los Angeles parce que je ne suis pas patient et que je veux faire des films. Et il n'y a pas de culture de financement cinématographique privé au Québec, c'est plus facile là-bas sur ce point. Mais sur le plan personnel, je ne tripe pas sur Los Angeles. Les relations hommes femmes, là-bas, c'est l'horreur ! Tout le monde wanna be someone et tente d'obtenir quelque chose des autres pour gravir les échelons du succès.» 

Comment y tires-tu ton épingle du jeu ?

«Moi là-bas, je ne suis pas connu comme acteur. Quand je dis que je suis producteur, y a un peu plus d'intérêt, mais il y en a toujours un à côté avec une Ferrari ou une Bentley pour attirer les filles intéressantes qui veulent toutes être actrices! Tout le monde se parle et s'échange leur numéro de téléphone dans les partys quand ils sont saouls, mais personne ne se rappelle à moins d'avoir un intérêt pour faire avancer leur carrière... C'est une ville de monstre ! Moi, ça me fait rire d'observer tout ça, et je n'oublie jamais les raisons de ma présence, mais je préfère de loin le Québec pour la simplicité des rapports interpersonnels.»

   

Celui qui a marqué l'imaginaire des téléspectateurs avec son personnage de Luc dans Mirador (et pas seulement à cause de ses cheveux!), se dit déçu de la fin un peu abrupte et inattendue de la série. Il insiste même pour dire que lui, et toute l'équipe d'acteurs et d'actrices répondraient présents si jamais une suite était envisagée. 


En attendant, David La Haye donnera la réplique à Claude Legault dans la minisérie Mon meilleur ami (réalisée par Francis Leclerc), qui sera diffusée sur Série+ à l'hiver 2013. Les poings de la liberté, un documentaire qu'il a produit sur le sort des enfants-boxeurs en Birmanie, sera présenté dans certains festivals à l'automne, et sera diffusé à Radio-Canada au début de l'hiver prochain


Le film J'espère que tu vas bien prendra l'affiche au cinéma Ex-Centris, à Montréal, dès le 29 juin.